jeudi 13 octobre 2011

Quelque chose qui est presque rien

                                            encre et broux de noix, indigo sur "giây dzo " ( 20 x 30 )

Je dormais. Nuit de pleine lune . Par l'entrebâillement d'un rideau, un pale rayon de lune est venu se poser sur le lit. Je me suis réveillé, je sentais qu'il était presque l'heure à laquelle j'ai l'habitude de me réveiller. Mais je ne bougeais pas. Les coqs ont chanté puis j'ai entendu une moto qu'on démarrait. Des chiens l'ont accompagnée un moment. Le village s'éveillait et les activités quotidiennes reprenaient. Immuablement, à cinq heures, la musique  a annoncé les informations diffusées sur les hauts-parleurs. Je savais par expérience ce que je pourrais voir et rencontrer si je décidais de sortir. Mais je ne bougeais pas. Je savais les femmes à vélo avec leurs bidons de "nuoc mam", les paniers de poissons, la marchande de soupe au carrefour et le vieux sur son vélo qui vend le pain, les écoliers en pantalon bleu , les filles fines en "ao dai" blanc. Je savais ces gens. Je ne bougeais pas et je pensais à notre fille qui aujourd'hui a 21 ans.