jeudi 12 décembre 2013

Tout dire

encres sur papier (20x30) 



Le tout est de tout dire, et je manque de mots
Et je manque de temps, et je manque d'audace
Je rêve et je dévide au hasard mes images
J'ai mal vécu, et mal appris à parler clair. 
                         Paul Eluard

La loi des gredins

Papier journal, encre, crayons .

mardi 3 décembre 2013

Chronique du quotidien

Chronique du quotidien. Devant la maison de quartier, cinq ou six vieilles femmes font leurs exercices d'étirement . Le radio-cassette rythme les mouvements "môt hai ba bon ... " . La marchande de soupe elle aussi est polyglotte "Hello hello !!! " Douceur. Soleil ..
 ( dessin : crayons et fusain sur papier 20x44 ) 

mardi 29 octobre 2013

Le jeu de l'encre ...


encre sur papier ( 30 x 40)

Enfant, le défaut de langue qui fait prononcer "cr" pour "tr". Entre ou encre ... L'encre pour l'entre. Entre je et nous . L'encre de je à nous . Jeu d'enfant sans fin .
( 29 octobre 2013)

lundi 28 octobre 2013

Le "nous" .



encre sur papier (30x40)


" Le "nous" qui parle dans nos phrases est aussi un masque: il ne contraint ni n'assimile personne. "  Yannick Haenel ( Les renards pâles )

dimanche 15 septembre 2013

Articulations

encre sur papier (30x30)



Un jour de septembre, comme aujourd’hui mais c’était bien avant-hier,  j’arrivais dans ce curieux pays dont le nom résonnait à ma mémoire depuis bien des années. Pour quelqu’un qui jusqu’alors avait peu voyagé et même pas du tout dans de lointains pays, ce fut un choc. Sensations encore très vives huit ans après.
Des images  kaléidoscopiques s’entrechoquent, se superposent, s’emmêlent comme les pièces d’un puzzle renversées. J’essaie d’assembler au hasard quelques unes des pièces éparpillées. Danang.  Une marchande de soupe dans la rue, le flot incessant d’une circulation motorisée pétaradante, des bruits, une langue étrange , des odeurs…La mer, de drôles de petites barques coques de noix se balancent sur les vagues ; des hommes tirent leurs filets sur la plage … J’essaie de tirer le fil de tout ce qui m’assaille, me pénètre, m’étonne, m’amuse … Comment articuler toutes ces images mosaïques  pour en faire une, celle du pays où je vais vivre le restant de mes jours ? Dans l’enchevêtrement des images comment tisser fragment par fragment un univers que j’appellerai Vietnam ?

vendredi 13 septembre 2013

Masques


encre, brou de noix et crayon sur papier (30x30)

... et la brise emporta sur les rizières un peu de la fumée des bâtons d'encens mais pour eux le vent ne soufflait déjà plus ...

mardi 10 septembre 2013

Commencement à toutes fins utiles ...


encre sur papier "giay do" ( 30x30)

Car il faut bien commencer... Alors, on sort un bol qu'on remplit d'un peu d'encre, on prépare son papier, ses pinceaux ... on s'assied ... en attendant ...
Il pleut. Ciel lourd de nuages. Une pluie dense et continue comme à chaque année en cette saison.

mardi 18 juin 2013

Lecture ( Molloy, Samuel Beckett) - 2 -

" Certaines questions d'ordre théologique me préoccupaient bizarrement. En voici quelques-unes.
1.  Que vaut la théorie qui veut qu' Eve soit sortie, non pas de la côte d'Adam, mais d'une tumeur au gras de la jambe (cul?) ?
2.  Le serpent rampait-il ou, comme l'affirme Comestor, marchait-il debout ?
3.  Marie conçut-elle par l'oreille, comme le veulent saint augustin et Adobard ?
4.  L'antéchrist combien de temps va-t-il nous faire poireauter encore ?
5.  Cela a-t-il vraiment de l'importance de quelle main on s'absterge le podex ?
6.  Que penser du serment des Irlandais proféré la main droite sur les reliques des saints et la gauche sur le membre viril ?
7.  La nature observe-t-elle le sabbat ?
8.  Serait-il exact que les diables ne souffrent point des tourments infernaux ?
9.  Théologie algébrique de Craig. Qu'en penser ?
10. Serait-il exact que saint Roch enfant ne voulait têter ni les mercredis ni les vendredis ?
11. Que penser de l'excommunication de la vermine au seizième siècle ?
12. Faut-il approuver le cordonnier italien Lovat qui, s'étant châtré, se crucifia ?
13. Que foutait Dieu avant la création ?
14. La vision béatifique ne serait-elle pas une source d'ennui, à la longue ?
15. Serait-il exact que le supplice de JUdas est suspendu le samedi ?
16. Si on disait la messe des morts pour les vivants ?
Et je me récitais le joli Pater quiétiste, Dieu qui n'êtes pas plus au ciel que sur la terre et dans les enfers, je ne veux ni ne désire que votre nom soit sanctifié, vous savez ce qui vous convient.Etc. Le milieu et la fin sont très jolis. "
                                                                       MOLLOY ( Samuel Beckett)

Lecture ( Molloy . Samuel Beckett )


" Je profitai de ce séjour pour m'approvisionner en pierres à sucer. C'étaient des cailloux mais moi j'appelle ça des pierres. Oui, cette fois-ci, j'en fis une réserve importante. Je les distribuai avec équité entre mes quatre poches et je les suçais à tour de rôle. Cela posait un problème que je résolus d'abord de la façon suivante. J'avais mettons seize pierres, dont quatre dans chacune de mes quatre poches qui étaient les deux poches de mon pantalon et les deux poches de mon manteau. Prenant une pierre dans la poche droite de mon manteau, et la mettant dans ma bouche, je la remplaçais dans la poche droite de mon manteau par une pierre de la poche droite de mon pantalon, que je remplaçais par une pierre de la poche gauche de mon pantalon, que je remplaçais par une pierre de la poche gauche de mon manteau, que je remplaçais par la pierre qui était dans ma bouche, dès que j'avais fini de la sucer. Ainsi il y avait toujours quatre pierres dans chacune de mes quatre poches, mais pas tout à fait les mêmes pierres. Et quand l'envie me reprenait de sucer je puisais à nouveau dans la poche droite de mon manteau, avec la certitude de ne pas y prendre la même pierre que la dernière fois. Et, tout en la suçant, je réarrangeais les autres pierres, comme je viens de l'expliquer. Et ainsi de suite. ... " 

lundi 3 juin 2013

"Quel est ce visage" approche 1

" Qu'est-ce qu'un visage
   sans identité
   sans nom
   un visage qui n'est visage
   que par ressemblance avec
   un visage

   une simple face
   posée sur rien
   quelqu'un est là
   qui n'est pas quelqu'un
   qui n'est pas personne " 

Bernard Noël  ( Extraits du corps . Quel est ce visage )

dimanche 2 juin 2013

"Les objets effectifs"

" Les objets effectifs ne font que fixer les variations infinies que prennent les figures de l'espace et du temps sous l'effet de l'imagination. Ils fixent les schèmes en emplissant d'une masse résistante - indépendante - synthèse du moi et du non-moi . "  Bernard NOËL ( Extraits du corps)

dimanche 28 avril 2013

Attendre ...




S’asseoir devant la table où sont posés pinceaux et bols d’encre. Attendre, exprimer. Quoi ?
Il y a bien sûr tout ce qui m’entoure. Mon environnement. D’abord, un paysage ou des paysages. Paysage essentiellement celui des rizières, des bassins d’élevages aquacoles bordés de palmiers d’eau. Un horizon plat où le regard peut se perdre à l’infini. Des touffes de bambous, la gracile  verticale des palmiers aréquiers. L’eau, la terre intimement mêlées. Et puis des hommes, des femmes dont l’hospitalité m’est devenue familière. Des enfants sur le chemin d’une école. Une vieille femme assise sur le seuil d’une petite maison.
Observer la moindre variation de la lumière sur l’ondoyant tapis de la rizière. Sentir la brise de mer qui se lève à 14h précises. Ecouter une musique lancinante, le chant moqueur d’un oiseau, le cri d’une marchande ambulante.
Intuition qu’il s’agit de bien autre chose, qu’il y a un au-delà de ce paysage, un au-delà de ces bruits, de ces odeurs, un au-delà de ces rencontres.  
Saisir toutes ces choses insignifiantes. Les éléments les plus anodins de mon quotidien suscitent des émotions dont je cherche à garder l’empreinte. La trace de ce qui me relie au monde dont je ne suis qu’un infime élément. 
30 avril 2013

lundi 18 mars 2013

Printemps



encre sur papier (Laos) , 25 X 35 . 

En début d’après-midi le ciel est devenu d’un gris pale que seuls quelques vols d’échassiers blancs traversaient. Une brise humide venue de la mer emportait la fumée bleue d’un feu d’herbes sèches qu’un homme avec sa houe s’activait à entretenir. Dans le tapis ondoyant de la rizière, on avait planté ici et là des lances de bambou au bout desquelles s’agitaient quelque  cape imperméable en plastique coloré.  L’une, jaune, se gonflant telle une énorme baudruche prenait des allures d’un danseur maladroit à côté de cette autre bleue qui se tortillait frénétiquement sous les encouragements de deux ou trois autres dont les bras se dressaient par saccades. Les touffes de bambous ployaient à l’entrée du jardin où se dispersaient les feuilles qu’il faudrait balayer le lendemain lorsque l’averse aurait cessé. ( 18 mars 2013 )

samedi 16 mars 2013

Route Ho Chi Minh

L'océan végétal se mit à bruire et les arbres qui dominaient de part et d'autre la route dévoilaient le revers argenté de leurs feuilles donnant l'impression d'un vol de petits poissons. De la vallée montaient de lourds nuages gris-bleu sombres cernés d'une lumière pale. Une pente raide et poussiéreuse descendait vers la route. A mi-pente on voyait une troupe d'hommes et de femmes sarcler la terre à l'aide d'outils robustes et rudimentaires. ( route Ho Chi Minh )
( papier du Laos, encre et brou de noix ) 

vendredi 8 mars 2013

De Mdr à Rip

Mdr mort de rire
Vouais, mort de ça
ou d'autre chose
mon ombre s'efface vite
le soleil décline et moi avec
et ça me fait pas rire
pas de risque pour cette fois
à moins que je pète de rire
pffff ça fait Pdr dans le fond
et pdf c'est péter de quoi
ou deux fois
et lol comme Lolita
juste une ombre au tableau
un rêve quoi
une ombre de quelque chose qui s'efface
que j'essaie de tenir
de retenir
cette ombre
y a rien à faire elle s'efface
pour ça je me suis mis à peindre
pour tenir
pour retenir cette image
et rire in petto Rip !
8 mars 2013

mercredi 6 mars 2013