mardi 22 novembre 2016

Convenances


Il y a comme une indécence à pleurer en public, à imposer aux autres le spectacle de notre douleur comme de montrer une blessure ouverte où la chair sanguinolente palpite. Le meilleur ami devant nos larmes peut se montrer maladroit. Il reste là, ses bras se balançant le long du corps. Peut-être voudrait-il les balancer ailleurs pour ne pas avoir à s’en préoccuper. Ou alors il les balance autour de vos épaules et reste là dans une étreinte rassurante. Mais c’est là chose rare et difficile.  Voilà pourquoi peut-être je ne pleure que très rarement en présence des autres. Pourtant j’éprouve encore chaque jour qu’il y a peu de chose comme les larmes pour laver une plaie. Les convenances nous entraînent parfois dans d’étranges comportements. 
(22 novembre 2016) 
                                 
Diptyque (encre de Chine et pigments sur papier . 50x60)