mardi 7 juillet 2009

Les jours qui passent


Jours de pluie, saison sèche,

Tuiles moussues, murs délavés,

Dans quelle ruelle mon ami s’est-il perdu ?



Les jours qui passent ne nous appartiennent plus.

En nous, ils ont laissé l’empreinte de leur passage.

Epave délavée par les vagues, coquillage ou morceau de bois, échouée sur la plage. Cette pierre baignée d’une douce lumière .Une montagne, un ravin, les rives d’un cours d’eau .Une mare avec des lotus .Une silhouette aperçue furtivement. L’émerveillement d’un coucher de soleil.. Je cherche à saisir ces instants, en fixer l’image .Pour me souvenir.

Le temps est indissociable de l’acte de peindre.


Doublement.

L’instant qui s’écoule au moment même de la création comme une parenthèse dans ce temps plus indéfini où nous évoluons.


Je peints parce qu’en moi se sont stratifiées des émotions dont je n’ai plus le souvenir. Des gestes se sont cristallisés comme autant d’automatismes .Une façon d’être, une manière de ressentir les choses constitutives de ce que je suis.

J’ai peint. Il m’arrive de ne plus me reconnaître tout à fait dans ce que j’ai peint .Ce qui a pu un moment me sembler correspondre à ce que je voulais dire peut me paraître à posteriori fade ou insuffisant .Imparfait .Le doute est aussi inhérent à l’acte de création.Mes peintures, au moment où je les regarde, sont devenues autres .Je ne porte plus sur elles tout à fait le même regard qu’au moment où je les ai peintes. D’où la nécessité de peindre car renoncer équivaudrait à renoncer à la vie.