lundi 8 avril 2019

Encre


Encre c'est de l'encre noire de Chine qui vient du Japon c'est de l'encre de Chine du Japon de l'encre de Chine du Japon dans un bol c'est de l'encre du bol le pinceau boit dans le bol l'encre de Chine du Japon les poils du pinceau sont tout gorgés de l'encre du bol qui est de l'encre de Chine du Japon les poils tout gorgés d'encre laissent une trace d'encre de chine du Japon sur le papier  "xuan" qui vient de Chine et pas du Japon le papier  "xuan" plus blanc quand l'encre de Chine noire a laissé sa trace noire
                       



dimanche 7 avril 2019

Avant l'encre



Rien n'existe avant l'encre
ou peut-être un souvenir
un rêve ou une voix
que tu portes en toi
encre noire 


encre sur papier xuan (70x50)

Ainsi tu avances



Ainsi tu avances
vide et montagne
le haut et le bas
par les chemins noirs d'encre
surtout ne vas pas perdre
en chemin
le chemin qui t'a conduit 




encre sur papier xuan (44x60)

C'était autrefois

 

C'était autrefois les herbes
et les terres arides
d'où affleurait la roche nue
et les senteurs enivrantes de garrigues
qui fascinaient l'enfance 

encre et pierre noire sur papier xuan (44x60)

jeudi 3 janvier 2019

BONNE ANNEE 2019



" Rester un être humain , c'est jeter, s'il le faut, joyeusement sa vie entière sur la grande balance du destin ,mais en même temps se réjouir de chaque belle journée de soleil, de chaque beau nuage. Hélas,je ne sais pas la recette qui permettrait de se conduire en être humain, je sais seulement comment on l'est. "
ROSA LUXEMBOURG . Femme politique, militante communiste ( 1871-1919)

mardi 18 décembre 2018

De quoi est cette image ?

Monotype (encre sur papier 20x30 )


Je poursuivais donc cette occupation dérisoire et de peu de poids collectant dans la corbeille une chute de bois, un débris de carton et toutes sortes d’autres éléments glanés et conservés sans aucune intention que de ne pas jeter comme les coquillages que les enfants ramassent sur les plages car ils les trouvent merveilleux, car on ne sait jamais un jour ou l’autre ce que ça peut faire une fois assemblés, collés, encrés, ce que ça peut faire si j’en prélève l’empreinte, juste pour le plaisir dérisoire de se dire qu’est-ce qu’on voit dans ce gris, dans ces formes, dans ces traits, juste y déceler tout un univers jusque là inconnu, inexploré, inattendu et s’étonner de quoi est cette image. 

dimanche 16 décembre 2018

Carton ondulé



Carton ondulé
matériau léger et rigide
constitué par une ou plusieurs feuilles de papier
cannelé
collées entre deux feuilles 
cartonnées
car ton nez
est collé
au carton ondulé
des ondulations ondulent
carton ondoyant
ondine 
non Honda prend un H 
on dîne pas
on dit pas on dîne
on doit dîner
on doit combien 
on doit rien 
on a pas dîné
on doit une carton plein
d'ondulations est un carton ondulé léger 
de peu de poids. 

Monotype (encre sur papier 23x35) 

samedi 15 décembre 2018

Légèreté


Légèreté. Dans ces grises journées de pluie,une occupation dérisoire me gagne consistant à mettre une certaine trace d’encre sur une plaque de verre ou de carton pour en prélever l’empreinte sur une feuille de papier blanc, empreinte faite de lignes, points, surfaces grises ou noires, traces, signes résultant d’une activité dérisoire si l’on voit le paysan pataugeant le fond boueux de sa rizière pour y faire je ne sais quoi n’étant pas moi-même paysan mais lui le sait qui est paysan et continue d’arpenter précautionneusement la rizière en partie inondée par suite des abondantes pluies qui n’ont cessé depuis plusieurs jours sous un ciel uniformément gris comme j'aurai pu parler de la femme qui collecte les ordures ménagères qu'elle pousse dans le lourd chariot ou de cette autre femme qui entasse cartons,canettes, plastic ou tôles rouillées sur son vélo car mon occupation m’apparaît de bien peu de poids.
Monotype : encre sur papier (environ 23x35)

jeudi 13 décembre 2018

Rythmes


Et puis le rythme du tambour : un, deux…espace… un, deux…espace… boum boum …espace…combien de fois, je n’ai pas compté quand le gong a sonné et le rythme du tambour a repris, toujours avant la cérémonie funéraire qui commence par une longue et puissante lamentation récitée par un homme qui s’adresse autant à l’assistance des femmes et des hommes qu’aux esprits divins et d’autres voix se mêlent à la sienne pour former une sorte de chœur et la cadence des prières dites s’accélère auxquelles je ne comprends rien étant étranger bien que vivant parmi ces femmes et ces hommes dans le même quartier de ce village où se déroulent en ce moment même les obsèques d’un membre de la communauté, femme ou homme je ne sais pas, j’entends seulement le rythme du tambour et le gong et maintenant cette musique comme une plainte de la lyre monocorde et je ne peux pas voir mais je sais le déroulement de la cérémonie , je ne la voie pas, je suis assis sous la véranda , je vois une aigrette blanche sur ses longues pattes fines arpentant la rizière et saisissant un menu fretin dans son bec pointu.