mercredi 30 novembre 2016

Le ciel et la terre

A quoi servirait d'accabler le ciel quand la terre se nourrit des incessants jours de pluie promesses des récoltes futures nourricières des hommes? A quoi servirait de ressasser les regrets de nos errances, l'accablement de nos faux-pas, à quoi servirait l'apitoiement de soi si non renoncer à la vie et se trahir soi-même? 
(30 novembre 2016)

  
encre de Chine sur carnet (30x30)

dimanche 27 novembre 2016

Sous la pluie de novembre

Ce baiser que tu m'as donné un soir sous la pluie de novembre était-ce le premier quand il aurait pu être le dernier? Mon cœur
était fendu en deux entre ce qui commençait à s'épanouir en moi et toutes les incertitudes qui m'éloignaient de ce pays dont je commençais à peine à connaitre les saisons. Sous la pluie de novembre tu me disais ne m'abandonne pas maintenant que je t'ai connu, reste près de moi, je n'ai que mes mains à t'offrir, prends les. Ce baiser en a connu d'autres mais j'ai gardé sur mes lèvres la certitude de ce baiser que tu m'as donné ce soir là sous la pluie. 
(27 novembre 2016)


encre de Chine sur papier hanji ( 60x60)

vendredi 25 novembre 2016

Un regard peut nous sauver



Il n’est pas possible de se remémorer l’exact déroulement des événements que nous avons vécus. La vie ne forme pas un fil ininterrompu qu’il suffirait de dérouler pour ensuite en remonter le cours comme on le ferait d’un écheveau. Certains événements nous traversent et disparaissent sans laisser de trace ou une trace tellement imprécise qu’on ne peut dans l’après coup en donner une description. Il en est d’autres que nous revivons constamment colorant de gris nos jours que nous aimerions les plus lumineux, transformant nos rêves.
Toutefois, il faut bien se rendre à l’évidence que la vie ne s’avoue jamais vaincue et qu’elle n’est jamais aussi intense que dans l’espérance à demi exprimée, comme par inadvertance, d’un désir de maternité. Un regard peut aisément tracer la frontière entre l’espérance et le désespoir et s’il est une chose susceptible de nous donner cette confiance dans la permanence de la vie c’est bien le regard d’un enfant. 
(25 novembre 2016) 

                        

mardi 22 novembre 2016

Convenances


Il y a comme une indécence à pleurer en public, à imposer aux autres le spectacle de notre douleur comme de montrer une blessure ouverte où la chair sanguinolente palpite. Le meilleur ami devant nos larmes peut se montrer maladroit. Il reste là, ses bras se balançant le long du corps. Peut-être voudrait-il les balancer ailleurs pour ne pas avoir à s’en préoccuper. Ou alors il les balance autour de vos épaules et reste là dans une étreinte rassurante. Mais c’est là chose rare et difficile.  Voilà pourquoi peut-être je ne pleure que très rarement en présence des autres. Pourtant j’éprouve encore chaque jour qu’il y a peu de chose comme les larmes pour laver une plaie. Les convenances nous entraînent parfois dans d’étranges comportements. 
(22 novembre 2016) 
                                 
Diptyque (encre de Chine et pigments sur papier . 50x60)

lundi 21 novembre 2016

Je ne t'ai pas dit adieu

Je ne t'ai pas dit adieu le jour où tu es partie. Il a suffit d'un clin d'oeil, un infime instant où mes yeux se sont fermés et tu n'es plus là quand je me suis retourné. Je ne savais pas que le baiser que je t'ai donné ce matin serait le dernier baiser, je ne savais pas que le sourire que tu as eu lorsque j'ai joué avec Marius serait le dernier sourire que je verrai dans tes yeux. Il suffit d'un infime instant nos yeux se ferment pour qu'un baiser reste à sécher sur nos lèvres sans qu'on ne sache plus où le poser, nos caresses restent dans nos mains et se transforment parfois en gestes brusques et maladroits, nos sourires se voilent sous nos rides. Et si un jour nos lèvres devaient se poser par inadvertance sur d'autres lèvres ce baiser aurait un goût amer. Les mains erreront dans le vide sans savoir où se poser. On ferme nos yeux et alors il est trop tard pour dire les mots que l'on n'a pas prononcés faute d'avoir appris à les dire comme le mot pardon, pardon  d'avoir parlé trop fort, pardon  d'avoir dit un mot qui t'a rendue triste, pardon de ne pas avoir fait tout ce dont je rêvais de faire avec toi. Il est trop tard et les mots que nous disions ensemble dans l'intimité résonneront longtemps dans les jours sans toi et les nuits où tu viens me visiter.  Il faut toujours donner nos baisers comme si c'était  le dernier. Avec tout notre amour.  
(lundi 21 novembre 2016)
       

             
encre sur papier 50x32

Population mondiale

7 465 841 254 humains sur la Terre et un seul être me manque . 
( 20 novembre 2016)
encre sur papier Moulin du Coq ( 32x32)

vendredi 18 novembre 2016

Consolation

Sache que la perte n'est d'aucune consolation et ils ont raison ceux qui te disent que si tant est tu puisses en trouver une c'est dans la peinture c'est à dire dans le cours de la vie. ( 18 novembre 2016 )

      
encre sur papier (32x32)

mercredi 16 novembre 2016

Où es-tu ? ( diptyque)

Où es-tu? Je t'ai cherchée. Je te sens là tout près. Tu ne reviendras pas. Aucune puissance au monde et dans l'univers pour rapporter la chaleur de ton corps, le son de ta voix, le mouvement de tes mains, la douceur de ton sourire, l'éclat de tes yeux. Je garde ce souvenir en moi. C'est le paradoxe qui me console autant qu'il me torture. C'en est une douleur. Dis moi ce que je dois faire.


                  
diptyque  (50x30)x2 ; encre et pigment sur papier

mardi 15 novembre 2016

Le vide et le plein dit-elle ...

Encre sur Canson 30x30


Ah! le vide et le plein s'est-elle exclamée...
Parlons en... Sur quoi s'appuyer ?
L'encre a envahi le territoire de la feuille blanche . Ne subsistent par endroit que de faibles parcelles, quelques failles où peut se glisser le regard. On ne voit rien dans le noir où alors on court le risque de broyer du noir. Et avoir des idées noires n'est pas bon...A quoi bon s'user la vue et l'esprit à voir dans le noir?  Alors détourner le regard. S'efforcer de discerner ce qu'il y a dans ces espaces restés vides. Point de départ le vide. Un saut dans le vide où tout devient possible. Là est le mystère.

mardi 1 novembre 2016

MOUSSONS ( encres sur papier )



Ombres dans le ciel nuages
Bruits une porte qui bat le vent
dans la cime des arbres
Pluie d'orage continue innonde
La rizière où seuls les buffles vont.

 encres sur papier ; (40x20)x 3