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vendredi 21 mai 2021

Pour ne pas dire quelque chose

 


Dire quelque chose

Et ne pas être entendu

Autant ne rien dire

Ou dire n'importe quoi

Des mots informes

Des mots illisibles

Des mots d'aucun sens

Puis les effacer pour

Ne rien dire quelque chose

encre et brou de noix sur papier (38x50) 

jeudi 20 mai 2021

Dire quelque chose

Entre le milieu et le bord

Entre le dedans et le dehors

Entre l'avant de la feuille vide

Et l'après de la trace d'encre

Libérer quoi

Libérer quoi de soi

Un souffle

Un désir

Une émotion

Pour dire quelque chose  


 


encre et brou de noix sur  papier " 
Giấy dó"  (40x50) 


lundi 1 février 2021

Ils sont là tout simplement

 


Corps qui ne sont plus  corps

Visages qui ne sont plus visages

Ce qui demeure du lointain

D’où ils viennent

N’ont plus de nom

N’ont plus de papiers

N’ont plus de pays

Ils sont là simplement

Parce que vous savez



Encre et brou de noix, acrylique sur papier journal contrecollé (30x40) 

lundi 21 décembre 2020

Identités floues (suite)

  Je suis cet homme empêché de dormir

Je suis cette femme battue violée 

Je suis cet enfant dans la rue abandonné

Je suis le paysan qui pioche son champ dans la boue

Je suis le sans abri allongé sur le trottoir de nos villes

Je suis le migrant fuyant la guerre et la famine 

Je suis torturé meurtri violé emprisonné

Je suis  les visiteurs de nos nuits

 

Encre, brou de noix et craies graphite sur papier "giay do" (40x30) 

mercredi 5 août 2020

lundi 2 mars 2020

Entre les formes


Entre les formes
Dans l’anfractuosité
Le mouvement de l’air
Une lumière diffuse
Une force visible
La marque d’un souvenir
L’absence d’un regard



encre, brou de noix et graphite sur papier "xuan" (33x31) 

mardi 9 juillet 2019

Un monde de signes





Encre, brou de noix, acrylique sur "Giấy dó " / papier traditionnel du Vietnam . ( 40x60) 

mardi 1 novembre 2016

MOUSSONS ( encres sur papier )



Ombres dans le ciel nuages
Bruits une porte qui bat le vent
dans la cime des arbres
Pluie d'orage continue innonde
La rizière où seuls les buffles vont.

 encres sur papier ; (40x20)x 3

dimanche 2 juin 2013

"Les objets effectifs"

" Les objets effectifs ne font que fixer les variations infinies que prennent les figures de l'espace et du temps sous l'effet de l'imagination. Ils fixent les schèmes en emplissant d'une masse résistante - indépendante - synthèse du moi et du non-moi . "  Bernard NOËL ( Extraits du corps)

samedi 16 mars 2013

Route Ho Chi Minh

L'océan végétal se mit à bruire et les arbres qui dominaient de part et d'autre la route dévoilaient le revers argenté de leurs feuilles donnant l'impression d'un vol de petits poissons. De la vallée montaient de lourds nuages gris-bleu sombres cernés d'une lumière pale. Une pente raide et poussiéreuse descendait vers la route. A mi-pente on voyait une troupe d'hommes et de femmes sarcler la terre à l'aide d'outils robustes et rudimentaires. ( route Ho Chi Minh )
( papier du Laos, encre et brou de noix ) 

dimanche 17 février 2013

Signe(s)

encre et brou de noix sur papier "giây do" ( 60x60)

" Et maintenant qui pourrait
   déchiffrer ce signe,
   reconstruire ce qui jamais ensuite ne fut vécu,
   réanimer, inanimé, l'adieu. "

   José Angel Valente
   (Intérieur avec figures)

Trouvé dans " Extraits du corps" , Bernard Noël .

vendredi 15 février 2013

jeudi 13 décembre 2012

Papiers

Papier du Laos ( 21x 27) . Brou de noix, indigo, encre de Chine

                             

lundi 19 novembre 2012

Seuls demeurent les nuages ...



encre et brou de noix sur papier artisanal du Laos ( 27 X 34 ) 


L'automne s'en va coule le temps
     Seuls demeurent
       Les nuages. 
                               ( SÔSEKI)

dimanche 28 octobre 2012

Rencontres matinales



Dimanche 28 octobre 2012, 5h du matin.
Comme chaque matin, c’est le son criard du haut-parleur local qui me réveille ou plutôt me tire complètement et définitivement du demi-sommeil où je suis. Il ne pleut pas. On le sait facilement en tendant un peu l’oreille. Les jours de pluie comme les deux jours précédents, le bruit de l’eau dégoulinant des toits nous signale qu’il est inutile d’espérer une éclaircie. Ce matin, assuré qu’il ne pleuvra pas, il n’est pas encore la demie de 5 heures,  je suis sur la petite route où j’ai l’habitude de courir. Le jour se lève. A l’horizon, les nuages violet indigo, gris de Payne traînent dans un ciel de cuivre rouge. La chaussée est encore  bien mouillée par les pluies de la veille et je dois zigzaguer entre des flaques. Dans les rizières inondées, les chaumes laissés après la récolte dessinent de fins liserés sombres.Une troupe caquetante de canards s'y précipite avec envie poussée par la longue perche de bambou au bout de laquelle la gardienne à accroché un sac en plastique. Les quelques femmes que je croise régulièrement à hauteur de l’école du village me saluent d’un sourire indiquant qu’elles aussi ont été privées de leur promenade matinale. Je descends la route direction le hameau numéro 7  vers la mangrove de palmiers nypa. Sur sa mobylette chargée de paniers et de bassines, la marchande de crevettes part au marché. Une femme réchauffe sur un trépied la soupe que ses habituels clients vont venir prendre au petit-déjeuner. Des hommes rejoignent leurs amis pour partager le premier café, les premières cigarettes et la première partie de cartes. Ces cafés n’ont rien des cafés tels qu’on en voit dans les pays occidentaux ou dans les grandes villes. Il s’agit d’une maison d’habitation devant laquelle on a monté une charpente de tubes métalliques recouverte de tôles, quelques tables et tabourets en plastique pour mobilier. Lorsque j’arrive sur la digue en béton qui traverse la mangrove de palmiers d’eau, le soleil se montre déjà à travers les nuages bleus céruléens dans un ciel rose orangé. Trois vieilles femmes accroupies se détournent un instant de leur bavardage pour répondre à mon «  Chao bà » (Bonjour mesdames) étonnées que je les salue en vietnamien. C’est par un « hello » que me salue plus loin un petit garçon ! Rencontres habituelles avec la marchande de lait de soja et celle qui porte sur l’épaule sa palanche chargée de liserons d’eau. Le marchand de pain sur son vélo, bleu de travail et casque blanc de chantier, annonce son passage « banh my day » (du pain ici). Un couple de voisins attache les vrilles de haricots sur un treillis de bambous. Ils sont tous deux bien que très âgés restés d’une souplesse étonnante. Lorsque j’ai terminé ma boucle pour revenir à la maison, chaque chose est baignée d’une lumière jaune impalpable. Brève éclaircie néanmoins car bientôt une fine pluie vient nous rappeler que nous sommes bien en saison humide.