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lundi 1 février 2021

Ils sont là tout simplement

 


Corps qui ne sont plus  corps

Visages qui ne sont plus visages

Ce qui demeure du lointain

D’où ils viennent

N’ont plus de nom

N’ont plus de papiers

N’ont plus de pays

Ils sont là simplement

Parce que vous savez



Encre et brou de noix, acrylique sur papier journal contrecollé (30x40) 

dimanche 2 août 2020

Lagunes


Collage papier journal, encre, brou de noix, acrylique  ( 30x40) Ajouter une légende

lundi 29 juin 2020

"Nous ne mourrions pas tous"

Nous ne mourions pas tous. Nous avions traversé, comme les peuples du monde, c'est à dire ceux-là qui ont eu la chance de passer à travers le tourment, ceux-là qui n'ont pas été impurement et pas si simplement effacés de la face sombre comme de la face ensoleillée de la Terre, nous avons l'habitude, n'est-ce pas, de ces traversées, de cela qui est Océan furieux sur nos destins nos errances. Et c'est pourquoi, oui, nous comprenons les Chaos. Il y en a beaucoup, le sel de la Diversité, qui ont traversé les premiers, ils ont dépassé les limites et les frontières, ils mélangent les langages, ils déménagent les langues, ils transbahutent, ils tombent dans la folie du monde, on les traque du knout de l'identique, on les fouailles de la cravache de l'exclusif, on les refoule et les exclut de la puissance du Territoire mais écoutez, ils sont la terre elle-même qui jamais ne sera territoire, ils vont au devant de nous, leurs souffrances nous ouvrent des espaces nouveaux, ils sont les prophètes de la Relation, ils vivent ce tourbillon ils voient, loin devant, ce point fixe qu'il faudra dépasser une fois encore. Émigrés de tant de grandes villes, vagabonds échoués dans des hameaux hystériques de solitude, Antillais éparpillés ou Gitans qui se rassemblent, pacotilleuses pagayant, et pagaillant, dans toute la Caraïbe et touchant au continent par ces ports de marchandise au petit détail, Miami ou Cancun, et déversant dans San-Juan ou Kingston, Fort-de-France ou Port-au-Prince, peuples entiers qui soudain changent de langue, paysans qui ne reconnaissent pas leur pays, hâbleurs et déballeurs courant les banlieues ou régissant dans leurs villages, et puis rapaillés entassés avec Anestor Salah dans des galeries enfumées, entre des sculptures de faux africains et des branchures de chanvre, femmes sans abri et enfants des rues qui ont dépassé toute dimension perceptible, ils tombent dans ce tourbillon et ils fixent hagards ce point inaltérable vers où ils dérivent. " EDOUARD GLISSANT " TOUT-MONDE"


encre, acrylique , craies sur papier journal collé sur canson (40x30) 

mardi 9 février 2016

Tentation du départ ...

Je peints. Beaucoup aux dires de certains. Je l’avoue je peints beaucoup et voudrais pouvoir peindre encore beaucoup et longtemps au point d’être moi-même parfois pris de vertige devant l’amoncellement des papiers et toiles pris de doute dans « l’à quoi bon » de cette activité.
Je peints dans le silence. Ne pas s’y méprendre le silence est autre que les bruits et les sons environnants. Le silence est ailleurs. Il est absence d’une voix.
Je me tiens pour peindre à l’écart dans ce silence qui porte ma rêverie. On rêve toujours dans le silence. Je me laisse aller dans cette rêverie. Allant d’une image à l’autre. Parfois image bien nettement identifiable, parfois image floue où l’œil doit faire effort pour identifier quelques formes. On garde parfois de nos rêves un souvenir bien net parfois juste la vague rémanence d’une dernière image. Je cherche à fixer les traces de cette vie qui m’échappent.
Comment peindre le silence ?

 acrylique sur papier journal (environ 30x35)