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mardi 11 mai 2021

Ne cherche pas

    

Ne cherche pas

Ne cherche pas cette forme

Disparue dans ton imagination

Ne cherche pas

Tu ne peux même pas dire si cette forme a existé

Ni quand elle a existé

Ni où elle a existé

Mais elle a existé une fois dans ton imagination

Et elle existe encore


Collage et acrylique sur papier "giấy dó" (30x40)

lundi 1 février 2021

Ils sont là tout simplement

 


Corps qui ne sont plus  corps

Visages qui ne sont plus visages

Ce qui demeure du lointain

D’où ils viennent

N’ont plus de nom

N’ont plus de papiers

N’ont plus de pays

Ils sont là simplement

Parce que vous savez



Encre et brou de noix, acrylique sur papier journal contrecollé (30x40) 

lundi 29 juin 2020

"Nous ne mourrions pas tous"

Nous ne mourions pas tous. Nous avions traversé, comme les peuples du monde, c'est à dire ceux-là qui ont eu la chance de passer à travers le tourment, ceux-là qui n'ont pas été impurement et pas si simplement effacés de la face sombre comme de la face ensoleillée de la Terre, nous avons l'habitude, n'est-ce pas, de ces traversées, de cela qui est Océan furieux sur nos destins nos errances. Et c'est pourquoi, oui, nous comprenons les Chaos. Il y en a beaucoup, le sel de la Diversité, qui ont traversé les premiers, ils ont dépassé les limites et les frontières, ils mélangent les langages, ils déménagent les langues, ils transbahutent, ils tombent dans la folie du monde, on les traque du knout de l'identique, on les fouailles de la cravache de l'exclusif, on les refoule et les exclut de la puissance du Territoire mais écoutez, ils sont la terre elle-même qui jamais ne sera territoire, ils vont au devant de nous, leurs souffrances nous ouvrent des espaces nouveaux, ils sont les prophètes de la Relation, ils vivent ce tourbillon ils voient, loin devant, ce point fixe qu'il faudra dépasser une fois encore. Émigrés de tant de grandes villes, vagabonds échoués dans des hameaux hystériques de solitude, Antillais éparpillés ou Gitans qui se rassemblent, pacotilleuses pagayant, et pagaillant, dans toute la Caraïbe et touchant au continent par ces ports de marchandise au petit détail, Miami ou Cancun, et déversant dans San-Juan ou Kingston, Fort-de-France ou Port-au-Prince, peuples entiers qui soudain changent de langue, paysans qui ne reconnaissent pas leur pays, hâbleurs et déballeurs courant les banlieues ou régissant dans leurs villages, et puis rapaillés entassés avec Anestor Salah dans des galeries enfumées, entre des sculptures de faux africains et des branchures de chanvre, femmes sans abri et enfants des rues qui ont dépassé toute dimension perceptible, ils tombent dans ce tourbillon et ils fixent hagards ce point inaltérable vers où ils dérivent. " EDOUARD GLISSANT " TOUT-MONDE"


encre, acrylique , craies sur papier journal collé sur canson (40x30) 

dimanche 26 janvier 2020

Un matin


Le temps efface
Les contours
Que reste-t-il
Encore
D’un matin
Si léger
Si simple
Si pur
Si lointain
Si inatteignable
Juste un remous incertain


Pigments, acrylique sur carton (20x20)

mardi 9 juillet 2019

Un monde de signes





Encre, brou de noix, acrylique sur "Giấy dó " / papier traditionnel du Vietnam . ( 40x60) 

mardi 12 décembre 2017

mardi 9 février 2016

Tentation du départ ...

Je peints. Beaucoup aux dires de certains. Je l’avoue je peints beaucoup et voudrais pouvoir peindre encore beaucoup et longtemps au point d’être moi-même parfois pris de vertige devant l’amoncellement des papiers et toiles pris de doute dans « l’à quoi bon » de cette activité.
Je peints dans le silence. Ne pas s’y méprendre le silence est autre que les bruits et les sons environnants. Le silence est ailleurs. Il est absence d’une voix.
Je me tiens pour peindre à l’écart dans ce silence qui porte ma rêverie. On rêve toujours dans le silence. Je me laisse aller dans cette rêverie. Allant d’une image à l’autre. Parfois image bien nettement identifiable, parfois image floue où l’œil doit faire effort pour identifier quelques formes. On garde parfois de nos rêves un souvenir bien net parfois juste la vague rémanence d’une dernière image. Je cherche à fixer les traces de cette vie qui m’échappent.
Comment peindre le silence ?

 acrylique sur papier journal (environ 30x35)

mardi 26 janvier 2016

Le jour aurait pu être le même

Je m'étais levé comme chaque matin. Le jour aurait pu être le même. Les hauts-parleurs crachotant les nouvelles, le soleil se levant sur la rizière, la lune se couchant au même endroit. Sur la terrasse silence. 

 acrylique sur toile (65x81)

dimanche 24 janvier 2016

Rester dans le silence

On aurait pu à tout moment déplacer ces objets les uns auraient été utiles les autres oubliés sous la pluie. Chaque jour ils auraient pu être les mêmes. Et puis ils sont restés dans le silence. 

acrylique sur toile (65x81)

mercredi 20 janvier 2016

Dans l'écart du silence

Nous étions dans cette saison de l'année où les brumes matinales enveloppent l'horizon et nous goûtions ces instants où les bruits familiers viennent comme assourdis et où les objets semblent flotter dans l'air. A l'écart du silence la vie encore ...  

 (acrylique ; 60x73)

mardi 19 janvier 2016

Demeure le silence

Le matin comme tous les matins j'avais couru dans le jour naissant dans la vaine idée de chasser les lambeaux de visites nocturnes avec comme seul résultat non négligeable d'épuiser quelque peu mon corps vieillissant et lourd. Assis sur la terrasse la vue perdue dans ces choses qui avaient été vivantes animées par des mains aimées et où ne demeure que le silence.

 acrylique sur toile (60x73)

mercredi 13 janvier 2016

vendredi 27 novembre 2015