dimanche 28 octobre 2012
Rencontres matinales
jeudi 13 octobre 2011
Quelque chose qui est presque rien
Je dormais. Nuit de pleine lune . Par l'entrebâillement d'un rideau, un pale rayon de lune est venu se poser sur le lit. Je me suis réveillé, je sentais qu'il était presque l'heure à laquelle j'ai l'habitude de me réveiller. Mais je ne bougeais pas. Les coqs ont chanté puis j'ai entendu une moto qu'on démarrait. Des chiens l'ont accompagnée un moment. Le village s'éveillait et les activités quotidiennes reprenaient. Immuablement, à cinq heures, la musique a annoncé les informations diffusées sur les hauts-parleurs. Je savais par expérience ce que je pourrais voir et rencontrer si je décidais de sortir. Mais je ne bougeais pas. Je savais les femmes à vélo avec leurs bidons de "nuoc mam", les paniers de poissons, la marchande de soupe au carrefour et le vieux sur son vélo qui vend le pain, les écoliers en pantalon bleu , les filles fines en "ao dai" blanc. Je savais ces gens. Je ne bougeais pas et je pensais à notre fille qui aujourd'hui a 21 ans.
lundi 12 septembre 2011
Habiter
Il fait à peine jour. Sorti de la ruelle au bout de laquelle est notre maison, je prends invariablement le même parcours. Passées les maisons, petits cafés ou petites épiceries,puis l'école, une large étendue de rizières. Je laisse le gros bâtiment des services municipaux et descends jusqu'au hameau 7. Les villages sont administrativement divisés en hameaux, chacun repéré par un numéro. Nous habitons le hameau 5. Les hameaux 7 et 8, sont habités par des familles pauvres de pécheurs. Les maisons y sont modestes. Petites maisons basses , une pièce principale sur laquelle donne la véranda, sur le côté une autre pièce jouxte la partie servant à la cuisine et s'ouvrant sur le jardin. Le toit est de tuiles, souvent tuiles de ciment moins chères, de tôles ou de feuilles de latanier. Les lataniers sont ces palmiers d'eau qui poussent comme une forêt dans l'estuaire de la rivière. On coupe les larges palmes. Les nervures assemblées servent à construire les murs de petites maisons; les feuilles tressées couvrent le toit. Plus loin, en revenant vers notre quartier, quelques maisons plus cossues récemment construites affichent une certaine idée du luxe dans la variété des couleurs vives.Tout cela cohabite, se serre entre rizières, champs de maïs ou d'arachide, terrains herbus où broutent deux ou trois vaches maigres, bassins d'élevage de crevettes. Tout cela dans un même petit village.La maison à étage ou celle plus traditionnelle en rez de chaussée, l'échoppe du coiffeur réduite à une simple baraque en latanier,l'abri en bambou qui tient lieu d'étable. Tout cela dans la plus simple diversité. Et tout cela est habité par une population qui ne marque pas de barrière entre la vieille femme dans sa petite maison et le couple plus moderne dans sa villa. Un village monde où chacun vit en paix et en harmonie avec l'autre. Un village monde propre à se rapprocher des hommes.
mercredi 31 août 2011
Chronique d'une rizière . Matin.
vendredi 19 juin 2009
Au coeur de la vie

Le matin,je tire le rideau sur un coin de ciel gris ou bleuté et je me dis que cette journée va être belle car nous apportant une nouvelle raison d'aimer.Parfois,je me donne l'envie d'aller faire un tour sur la plage ou une plus longue balade dans la campagne voisine,selon mon humeur. Je m'imprègne de l'air,de la lumière qui baigne notre chemin . Au gré du hasard,il y a parfois des rencontres. On n'en sort jamais totalement indifférent.Un échange,un mot,une image,une émtion dont je voudrais garder la trace fugitive,ne pas oublier.
Alors,je peints.
Seul,devant la table où je travaille,mon regard se porte vers ces images saisies,ces émotions gravées en moi.Il m'a toujours semblé que le moyen le plus conforme à ce que je voulais exprimer résidait dans la peinture.Je suis parfois surpris lorsqu'un inconnu regardant une image que j'ai créée y retrouve un reflet de sa propre expérience.Un paysage que lui seul de nous deux connaît et dont il retrouve là un écho.
Des herbes couchées par le vent,un bouquet de bambous près de la mare,un large fleuve sur les rives duquel les hommes cultivent les rizières,un village ...
L'objet de la peinture ne serait-il que là,dans ce moment où je donne à voir une image-miroir,j'y puiserai motif à poursuivre inlassablement cette marche.Une marche au dedans et au dehors de moi,au coeur de la vie.


