Au bout de la route brumeuse
Le champ de la montée des eaux
Ta porte est-elle toujours ouverte ?
Au bout de la route brumeuse
Le champ de la montée des eaux
Ta porte est-elle toujours ouverte ?
« Terre, dessin, puisque nous sentons dans notre pas qui cherche et qui peine à flanc de coteau la force qui en a rassemblé, qui en a soulevé les pierres, qui de part l'intérieur les a jetées au bord du visible ; si bien que l'on ne peut oublier que leur apparence est un apparaître, leur découpe sur le grand ciel une enveloppe que l'on découvre interrompue de partout, une ligne qui retient mal une profondeur de lumière. » Yves Bonnefoy (Remarques sur le dessin)
"Nos paroles nous les apprenons
du vol des oiseaux au moment où
écrivant une phrase ininterrompue
dans le ciel, il nous conquiert
à ses abréviations. Peuvent-elles supporter
les pétrels plongeurs des mers polaires?
Il arrive toujours un moment où les mots
les mieux intentionnés séparent les êtres.... "
Armand Gatti (Je voulais vous dire)
encre sur papier (Chine) 28x50
Les nuages se confondent parfois
avec les sommets pour former
une dimension où on ne se retrouve
plus
encre sur papier (Chine) 50x28
"... Tout ce qui est contenu dans ces traits tracés - mes émotions et mes désirs qui font fi de la tradition- ne manquera pas de faire hausser les épaules aux connaisseurs. Ceux-ci s'exclameront :" Mais ça ne ressemble à rien !"
Shih T'ao ( cité par François Cheng : "Souffle-Esprit"
Dans sa promenade matinale
Pyjama et chapeau feutre
Le vieil homme est sorti masqué
Sage précaution.
« Le coq au petit jour ne chante pas pour vous
passants couleur de terre à enterrer les morts
ni pour vous le soleil ne brille clair et doux
vous qui chantez trop haut pour conjurer le sort
ni pour vous les oiseaux ni pour vous la rosée
les gouttes de la pluie si tièdes sur les mains
ni pour vous le pain frais l'eau fraîchement puisée
ni pour vous le repos la joie des lendemains
ni pour vous les enfants qui chantent ni pour vous
l'amour couleur de paille et de midi en août
ni pour vous la Noël le sapin et le houx
ni pour vous les cri-cris la soleilleuse route
La main tachée de sang votre main qui se tend
votre main qui attend qui atteint qui étreint
cette main de bourreau qui tue si lentement
effraye en se dénouant les anges du matin. «
Claude Roy . 1943
( à Louis et Elsa Aragon)
Encre, brou de noix, pigments sur papier ( 27x38)