jeudi 4 août 2011

A l'autre bout du monde ...

encre, pigments, crayons de couleur sur papier "do" ( 60 x 60 )

Eté . Une belle journée d'été , chaud soleil .Une averse en fin d'après-midi suivie d'une douce lumière dorée sur la rizière. Comme une promesse d'une bonne récolte. Celle-ci sera le bénéfice d'une constante attention .N'allez pas croire que seule la nature travaille !
A l'autre bout du monde, un homme ordinaire est à l'ouvrage . Sur les murs il laisse l'empreinte d'une errance colorée.Donner à voir.  Pour que ce monde soit meilleur.

dimanche 31 juillet 2011

Chronique d'une rizière - été -

encre,brou de noix , crayons sur papier "do " ( 20 x 30 )

Quand soudain le ciel s'est obscursi .
Une brusque et violente bourrasque a soulevé son chapeau .
L'averse ne lui laissa pas le temps de se mettre à l'abri .

samedi 30 juillet 2011

Futilités

encre,brou de noix,indigo sur papier "do" ( 20 x 30 ) .
Le village revenu . Eloigné un temps devenu comme une vacance habituelle. Puis le retour. Retrouver ce qu'on a laissé ,une maison, un jardin à rafraichir, des amis à saluer. Reprendre des habitudes. Un réveil avec les premières lueurs du jour. Musique criarde et vociférations nasillardes du haut-parleur. Aller courir. Le parcours habituel, les femmes à vélo où vont-elles si tôt, les hommes au café, la marchande de soupe et les cinq vieilles avec leur bâton qui viennent faire leurs exercices . Jardiner, enlever les mauvaises herbes, tailler, retourner un coin de terre. Rizière , rien ne se passe . Le riz pousse ,on arrose , on surveille de loin en loin. Soleil et chaleur étouffante de juillet , incitation au rien faire. Y compris ne pas peindre, à quoi bon. Jusqu'à recevoir un signe lointain venu d'un ami américain. Un poème , " Futility" . Qui se finit ainsi : " And the wind never ceases to blow" . Le vent ne s'arrète jamais.

vendredi 10 juin 2011

Chronique d'une rizière - été -

C'est l'été . Début mai, on a moissonné la première récolte et aussitot on a préparé la rizière pour une nouvelle récolte qui se fera en septembre avant la saison des grosses pluies. D'abord, brûler le chaume et retourner la terre pour enfouir cet engrai naturel. Inonder avant de retourner à nouveau . Puis aplanir le fond de la rizière . Enfin, semer .
  Maintenant, les jeunes pousses ont transformé la rizière en un beau tapis vert. Il importe d'en prendre soin . Irriguer régulièrement et exterminer les parasites pouvant compromettre la récolte . Le riz est un bien précieux.
Le soleil est brulant aux heures les plus chaudes de la journée. Aussi, dès les premières lueurs du matin, on est au travail. Hommes et femmes.
Labourer,araser,irriguer,semer . On s'active . La récolte est promise.
Les gestes toujours les mêmes. Entretenir les bords de la rizière et en consolider les diguettes à l'aide de la houe. Semer à la volée , avançant d'un pas d'échassier selon une ligne imaginaire et laissant derrière soi le pointillé de l'empreinte des pieds . Vaner et sècher le grain de la précédente récolte .
Hoi An , Câm Thanh; le 10 juin 2011.
Encre de Chine et crayons sur "giây do " ( papier artisanal du Vietnam ). 20 x 30 .

mercredi 18 mai 2011

Chronique d'une rizière . Moisson

La rizière a perdu son beau tapis jaune  orangé.
Attraction paysanne, la moissonneuse mécanisée et chenillée a vite fait de coucher les épis en vagues parallèles. Mais quelques femmes moissonnent encore à la serpette. J'ai envie de croire qu'elles y trouvent l'avantage de pouvoir bavarder tout en travaillant. C'est peut-être aussi ce que pense les buffles de mon voisin qui ont l'aubaine d'un festin d'épis fraichement coupés. Les glaneuses n'ont pas l'intention de laisser se perdre les grains oubliés par l'engin motorisé.
Seuls, les imperméables épouvantails sur leur piquet se trouvent inutiles dans cette marée d'épis .
Campagne noyée dans les nuages de fumée des chaumes qu'on brûle. Mobylette chargée de trois sacs de paddy . On fait les comptes . Cette saison , il a beaucoup plu. Une rizière de 500 m2 ne donnera guère que 300 kilos de paddy , au mieux 350 ... Deux millions de dongs . Cinq mois de travail . 

mardi 17 mai 2011

Procréation

" Souvenez-vous: création, créativité, procréation. ... Tout être humain est appelé à être créatif, cela n'est pas réservé aux artistes qui composent des symphonies ou des tableaux. ...La créativité utilise l'énergie sexuelle, que ce soit pour procréer un enfant, pour procréer l'homme nouveau en nous ou pour produire une oeuvre d'art. ... Nous sommes notamment créateurs dans la mesure où nous aidons un autre à devenir lui-même. Créer ne consiste pas seulement à mettre un bébé au monde mais suppose de l'éduquer; l'attitude de la mère parce que d'un bébé elle va faire un enfant épanoui donc un futur adulte.
La créativité change sans cesse de forme. Elle est pareille à un esprit éblouissant qui apparaît à tout le monde, mais qu'il est difficile de décrire, car personne ne voit la même chose lors de ce flash lumineux. Le maniement des pigments et de la toile, les petites applications de peinture, le papier peint font-ils la preuve de son existence ? Oui. Et le papier, la plume, les bordures fleuries du jardin, la construction d'une université ? Oui. Le repassage parfait d'un col, la préparation d'une révolution ? Oui. Toucher les feuilles d'une plante avec amour, trouver sa voix, savoir aimer ? Oui. Prendre dans ses bras le petit corps chaud d'un nouveau-né, conduire un enfant vers l'age adulte, aider à relever une nation ? Oui. S'occuper de son mariage comme d'un verger qu'il est, chercher l'or du psychisme, trouver le mot juste, coudre un rideau bleu ? Oui, c'est tout cela, la vie créatrice. "
Clarissa Pinkola Estés . " Femmes qui courent avec les loups "

dimanche 15 mai 2011

dimanche 10 avril 2011

Paysages à l'estime

brou de noix,encre de Chine et pigment indigo sur papier "do" (60 x 60 )

Paysages à l estime
Pour la plupart d’entre nous, peindre serait l ‘expression du voir, mais voir suppose que nous sommes à bonne distance du monde, cette distance qui nous sépare  de ce qui nous façonne.
Qu’en est il des  propositions de Jean Cabane?
Si les prises paysagères de Jean Cabane  nous englobent totalement, c’est parce qu‘elles déroulent des paysages à la manière des cartes du tendre du 17ème siècle,  ces cartes qui nous offraient une géographie affective et affectée du monde.
C’est aussi parce qu’elles parlent de l éprouvé  des choses, les qualifient et non pas du prouvé !
 Et lorsque l’on regarde ces étendues de vies, tous les éléments structurent l ‘usage d ‘un monde qui ne nous exclue pas !  Elles nous rappellent plutôt que nous sommes partie intégrante de ce que nous  voyons tout en pointant notre interprétation à la croisée des horizons.
Sorte de mémoire en nuage, qui donne aux spectateurs l’assurance d’être situé et de pouvoir nommer, reconnaître, jamais hors de son propos.
C est pour cela que les peintures de Jean  parlent de lui, de la sensibilité d’un homme, né des garrigues et des couleurs du Gard en France, mais dont la  vie a été faite de promesses de lumière, de rencontres et de métissage ! Aujourd’hui et depuis quelques années, Jean habite en poète  cette partie du Vietnam où tout est mélange de ciel et de terre et  Jean, dans sa capacité à  repérer la raison d’être  de ces paysages nous implique et nous concerne! 
Car elles parlent aussi de nous  ses peintures et nous   rendent actifs de ce qu’elles nous proposent : une autre expérience  du lieu !
Pour faire espace, il faut prendre conscience du triangle qui dessine le monde : le sujet que nous sommes et d’où on regarde, l’environnement qui nous constitue et le ciel qui nous abrite !!
Si les peintures prennent soin du paysages, elles nous invitent aussi à ne pas les parcourir trop hâtivement ; elles nous engagent dans une marche à l ‘estime et à une attention à la proximité comme modalité de passage.
Tout cela nous est offert et c’est alors l’attitude généreuse du peintre qui inaugure magnifiquement l ‘hospitalité du Vietnam.



Florence Morali
Ecole d’ art de Toulon Provence Méditerranée
Mars 2011

lundi 28 mars 2011

Deux amis

             encre de Chine, brou de noix et indigo sur papier "do" ( les 2 : 35 x 60 )

Le rythme soutenu de la pluie sur la véranda m'avertit :encore de la pluie. Météo inhabituellement froide et pluvieuse qui prédispose à la morosité . Si ce n'était cette visite de deux vieux messieurs . Deux amis voisins. Ils viennent , pyjama et chapeau feutre, faire une visite , un brin de conversation. Il faudra retailler le frangipanier lorsque les fleurs auront fané , éliminer les tiges des orchidées qui ont perdu les fleurs, mettre un treillis de bambou pour soutenir les plants de courges ... Aurevoir . Merci de votre visite qui a éclairé mon après-midi .

jeudi 17 mars 2011

Rythmes,traces,empreintes . Des nuages sur la rizière .

Encre de Chine et brou de noix, indigo sur papier "do" ( 60 x 105 cm )

Printemps. Le tapis vert des rizières se déroule sous les nuages. Rien ne se passe. Ou presque rien qui est déjà quelque chose. Un oiseau se pose pour narguer des épouvantails imperméables agitant leurs bras de bambou. Le paysan s'active pour ne rien perdre de son travail. Les épis se balancent .

Pérette a pas vu la peau de l'ours dans le chateau espagnol .


M'en vais te conter l'histoire de la Pérette qu'elle croyait avoir décroché la lune et même la planète Mercure .Alors s'est mise bravement à artiser dans son petit coin d'atelier en tirant des plans sur la comète Mercure .Sauf que c'est pas une comète parce que une comète c'est qu'un petit corps céleste avec une chevelure.Tu vois ce que je veux dire. Et à force de courir derrière un corps céleste qu'a une chevelure tu peux te retrouver gros Jean comme devant avec sa queue derrière .Celle de la comète je veux dire .Et t'as même pas vu la couvée ,les veaux et les cochons que il te reste plus que tes yeux pour voir la peau de l'ours que t'as même pas tué dans ton chateau en Espagne .

Alors la Pérette elle a fait comme le maitre corbeau et a bien juré qu'elle s'y ferait plus avoir ... et qu'elle allait sagement retourner voir dans sa rizière si le soleil avait bien travaillé .

lundi 7 février 2011

Conversation avec les esprits .

encre de Chine et pigments sur papier "do" ( 50 x 70 )

Pauvre petite maison ,un couple et deux enfants à qui nous souhaitons une bonne année .C'est le Têt.Sur l'autel,les portraits des ancètres ,des offrandes,de l'encens .Une vieille femme entre et s''avance vers l'autel. Et se met à parler sur le ton d'une conversation.A qui s'adresse son propos alors que personne n'est dans la pièce ? "C'est moi, je suis venue ... ". Elle allume quatre bâtons d'encens et prie . Elle s'adresse aux ancètres,demande pardon pour la mauvaise conduite des enfants et promet qu'elle fera de son mieux dans le respect de la tradition.Elle plante un bâton d'encens dans chacun des vases prévus à cet effet . Il en manque un. Elle en allume alors un autre tout en s'excusant . Elle salue plusieurs fois , prend son chapeau et disparait .